Invite...s

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live au “Festival d’Art de Huy”



Non content de remplir les salles, Didier Laloy remplit la scène.
Quand le Centre Culturel de Huy lui a offert l’occasion de recevoir les invités de son choix pour deux soirées exceptionnelles du Festival d’art 2004, ce grand efflanqué et son accordéon se sont retrouvés encerclés d’une invraisemblable bande de musiciens et chanteurs venus de tous les horizons possibles. Et ça a marché ! Les penseurs ont parlé d’alchimie, les rêveurs y ont vu de la magie tandis que les mangeurs parlaient de mayonnaise qui aurait pris. Mais c’est beaucoup plus simple que cela en fait.
Didier Laloy a tout bonnement le don de faire jouer tous ses amis dans la même direction avec une énergie et une sympathie comparables à celles de ces chiens écossais qui rassemblent les moutons en un clin d’œil et en s’amusant comme des fous. Laloy est le border collie de la musique ; il faut le voir se dépenser sans compter, courir entre ses comparses, lever un bras conducteur, lancer un regard complice, mouiller sa chemise engluée sur son accordéon, faire rire ou réfléchir son public en passant, mine de rien, relancer la machine dès qu’un changement de musiciens enclenche un autre style. Il est au centre, il est côté jardin puis côté cour… ; il livre son corps et son ombre, comme si le mot fatigue n’était pas de son dictionnaire.
Pour ces nouveaux concerts dans cette formule élargie, Didier sera entouré de Marka, Ialma, Perry Rose et Gabriel Yacoub, côté chanteurs, et de Trio Trad, Panta Rhei, Tref, S-Tres et Jean-Christophe Renault, côté musiciens. Gageons qu’ils seront encore 21 ou 22 sur le plateau et que comme lors des concerts de l’été, personne ne se mettra en avant, pas plus l’homme orchestre lui-même que les autres. Il s’agit bien plus d’une série de rencontres mises bout à bout le plus naturellement possible, les uns et les autres s’effaçant ici pour réapparaître là, tandis que l’accordéon se démène pour maintenir le cap et faire le lien entre chansons et musiques dans un débordement de générosité et d’émotion dont notre homme a le secret. C’est que Didier Laloy n’est pas musicien de pudeur. Non seulement il nous invite à découvrir ses amis et ses coups de cœur, comme si on entrait dans sa famille, mais en plus il donne tout ce qu’il a, sans trier, mettant son étreinte avec son accordéon à nu, comme si l’homme et l’instrument n’avaient rien à cacher, ni de leurs orgasmes, ni de leur blues.
Alors réjouissons nous à l’idée de revoir ces tendres duo accordéon – piano, ces envolées orchestrales à la gloire des traditions européennes, ces chansons de poésie délicate d’un Gabriel Yacoub discret mais heureux d’être là, ces échanges entre accordéons, ces roucoulements galiciens et ces chansons bien de chez nous. Le tout lié à la sauce diatonique par un cuisinier dont les recettes ont le goût de ces petits plats qu’on déguste entre amis en devisant de choses et d’autres.

(Etienne Bours)
Etienne Bours est conseiller à la Médiathèque de la Communauté française de Belgique. Il est l’auteur du Dictionnaire thématique des musiques du monde édité chez Fayard et lauréat du Prix du livre de l’Académie Charles Cros 2003. Il a également participé à la rédaction des ouvrages collectifs Musique du monde en question (Ed. Babel) et Musiques du monde, produits de consommation (Colophon Editions).


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Photos presse :

  
Photographe Milena Strange


 
 
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